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La Baguette, Saison 2!

La Baguette est une lettre d’information sur le futur des médias et des technologies numériques. Je m’appelle Ad Wondje et je rêve de devenir auteur professionnel, de créer des histoires qui amènent le lecteur, la lectrice à changer leur comportement, à regarder la réalité autrement. Je suis chrétien pratiquant, camerounais, j’ai 26 ans au moment de la publication de cette lettre et ma couleur préférée c’est le bleu.


Vous pouvez en savoir plus sur mes croyances et les valeurs que je défends ici. Et si vous vous demandez pourquoi, la réponse est simple: si vous lisez suivez une newsletter abordant des sujets technologiques et souvent pointus, il vaut mieux que sachiez d’avance que l’auteur est un individu qui croit que la Terre a vraiment été créée en six jours.

Oui, je partage publiquement que je suis créationniste. Je suis aussi drôle, ça compensera.

Cette lettre est publiée pour explorer comment, en tant que créateurs de contenus, nous subissons ou influons sur les événements autour de nous. Comment les technologies nous donnent plus de moyens pour atteindre notre audience ou au contraire comment elles nous privent de notre attention et de notre sens critique.

Comment en tant qu’entrepreneurs nous pouvons produire un contenu de meilleure qualité pour notre public et ultimement pour nos clients. En quelques mots, comment le contenu change le monde et comment être du bon côté du changement quand il arrivera, ou même provoquer ce changement.

Je ne suis pas toujours objectif, je ne suis pas sûr d’avoir les qualifications idéales pour tenir les promesses que je viens de faire dans le paragraphe plus haut et j’accueille volontiers les désaccords et les critiques, ça aide à progresser.

A quoi s’attendre en cette saison?

Pour cette nouvelle année, j’ai décidé de donner une ligne éditoriale précise aux lettres et les sujets qui vont être abordés seront surtout centrés sur trois sujets: la croissance entrepreneuriale, la politique et le design. 

pour l’entrepreneuriat, nous lirons des éléments sur la question de la croissance. Nous découvrirons comment les géants du numérique (et autres types de compagnies) asseyent leur hégémonie sans forcément passer par l’innovation technologique, comment ils maintiennent leur monopole et quelles sont les pratiques utilisées pour cela. Ici, mes principales sources d’information seront la Newsletter (anglophone) “BIG” de Matt Stoller, la Newsletter “Amazon Chronicles”, la section “The Interface” du site The verge, les blogs français mondaynotes.com et mythoughtson.it et la communauté (francophone) Growthletter proposée par l’équipe “Growthletter.club” et pilotée par Jeremy Goillot. Je m’attarderai sur un géant en particulier: Amazon, que j’ai surnommé le “titan colossal”, comme dans l’animé japonais Shingeki No Kyojin. Je fais aussi des recherches sur le site de curation d’études ssrn.com, une excellente source de contenu. Je peux me référer à d’autres sources mais celles sont quand même les plus récurrentes, avec comme défaut qu’elles sont en majorité d’origine américaine et française; je cherche toujours des référents africains sur la question mais j’avoue que c’est difficile à trouver, ce qui explique d’ailleurs cette lettre.

Concernant la politique nous verrons surtout quelle est la réelle influence des contenus, digitaux comme print sur les décisions politiques, et inversement l’influence des variations politiques et culturelles sur les créations de contenu et les narratives sociales. Ici, mes principales sources seront cjr.org, le podcast OnTheMedia, les curations des médias généraux comme Le Monde, Slate, le NewYorker, Le WaPo et le NYTimes.  

Concernant le design, nous verrons comment il influence tout ce qui touche aux médias et à l’atteinte des objectifs, jusque dans les éléments les plus subtils autour de nous. Ce sera merveilleux, j’en suis certain. Mes sources principales seront le blog Bokardo, ma veille sur Pocket, les sites Baekdal.comPerell.com99percentinvisible et le livre “The design of everyday things”, Un véritable bijou de lecture, pertinent, intemporel. Un bouquin que j’ai lu il y a 4 ans mais dont les effets me poursuivent encore aujourd’hui.  Je mettrai aussi de temps en temps des astuces de contenus, d’entrepreneuriat, de l’insolite. Ce sera un merveilleux moment. Je souhaite aussi pouvoir lancer des conversations sur les sujets chauds dont je parlerai ici, donc vous pouvez me suivre pour que je puisse interagir avec vous sur Twitter, LinkedIn,Facebook

Si vous n’avez pas encore souscrit à LaBaguette, je vous conseille de faire vite, les places sont limitées (je ne sais pas pourquoi je raconte ça)

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Trois raisons pour lesquelles vous ne devez pas attendre d’un journaliste qu’il soit “objectif”

Avec la définition actuelle de ce mot, la pire forme d’écriture d’article qui puisse exister, ce sont les brèves. Il s’agit d’informations factuelles et concrètes sur un sujet d’actualité. “Objectives”, donc. Si vous en écrivez, arrêtez tout de suite et changez de style, ou changez de métier.

Une idée reçue de plus en plus présente sur les forums populaires avance que ce qu’on est censé attendre d’un journaliste c’est de l’objectivité, des faits ou en d’autres termes, “la vérité”. Je comprends ces attentes mais elle pose un soucis lorsqu’on regarde dans le temps: de telles caractéristiques du journalisme sont l’exception, pas la norme, comme le faisait remarquer un enseignant de journal dans un article récent publié sur Areomagazine. J’ai résumé ici trois raisons pour lesquelles vous ne devez pas attendre d’un journaliste qu’il soit “objectif”, du moins pas avec la définition actuelle que l’on donne à ce mot.

1. L’objectivité, c’est facile à fabriquer

Lorsqu’on s’attaque à des articles faciles à faire, même un robot peut le faire.

Raconter les faits ne demande aucune expertise particulière, lorsqu’ils sont d’une certaine simplicité. Si le talent du journaliste se limitait à raconter des histoires plates sur des événements, il aurait vraiment du mal à se faire payer pour une quelconque compétence à la fin de la journée, et c’est déjà le cas. Cet article de Numérama raconte comment Héliograph, un robot conçu dans les chambres d’éditions du Washington Post aux états-unis a publié près de 850 articles, des brèves, principalement.

Les projets journalistiques visant à remplacer les tâches les plus répétitives des journalistes par des intelligences artificielles ne se comptent plus. De ce fait, attendre d’un journaliste ce genre d’objectivité, signifie en fait vouloir un robot. De plus, il y a des réalités qui ne peuvent être transmises dans la simplicité. C’est facile d’écrire une brève “objective” sur le nouveau single d’un chanteur pop, mais beaucoup plus complexe de faire une simple note sur un événement s’inscrivant dans une réalité plus profonde: prenons la crise anglophone au Cameroun par exemple. Une simple information comme “tel a fait ceci”, censée être factuelle et simple, qui tenait dans un tweet, a failli amener la journaliste Mimi Mefo en prison pour un long, long moment.

2. Un média non biaisé, c’est un mythe

Le journaliste Daniel Walsh l’a dit mieux que moi dans un billet sur Medium: “média non biaisé, une contradiction dans les termes”. Dans cet article il exprime une idée assez contre-intuitive: la neutralité dans les médias, c’est un phénomène non seulement récent dans le temps, mais aussi un idéal impossible à atteindre.

Son explication se réfère à la montée du courant philosophique post-moderniste dans la seconde moitié du XXème siècle pour montrer qu’un concept comme la réalité objective est une illusion. Je ne suis pas d’accord avec lui sur ce point, mais je pense que sa défense reste valable. Les médias qui se disent non biaisés sont d’expérience les plus soumis à des contraintes éditoriales liées à leurs attentes politiques ou financières, pour ne citer que celles-là. Lorsqu’un éditorialiste de BFM se limite à proposer des positions libérales à chacune de ses sorties, on ne va pas se dire que sa mission est de prôner la sécurité sociale universelle. Et c’est normal, il est payé pour ça. Je précise que l’article que vous allez lire en cliquant sur ce lient est lui même biaisé, puis qu’écrit et publié via sur média dit proche de la gauche, ACRIMED. En bref, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un média soit neutre, et à cause du biais de confirmation, c’est même le contraire qui se produit: on aura très souvent une préférence pour les informations qui confirment nos à priori, pas celles qui les infirment.

3. L’objectivité, ça coûte cher et ça ne rapporte pas grand chose

Cette idée vient de moi et je n’ai aucune source pour le moment pour corroborer ma théorie.

Dans l’article de Daniel Walsh cité plus haut, il explique qu’aux origines les médias étaient biaisés et orientés pour la bonne et simple raisons qu’ils étaient conçus pour l’être. Leurs possesseurs les détenaient pour faire avancer leurs agendas politiques ou économiques et cela ne gênait personne. J’ai en mémoire ce journal acheté par Henri Ford, dans lequel il exposait son antisémitisme en gros titres. Oui, Henri Ford, le milliardaire constructeur automobile. Les années plus tard, le modèle économique des médias s’est rapproché de la publicité et je pense que c’est à ce moment qu’on pouvait s’attendre à ce que les journaux soient neutres, du moins politiquement.

La raison de la “neutralité des médias” ne se trouverait pas dans un soucis d’objectivité vis à vis des audiences, mais dans un désir de rentabilité vis à vis des payeurs. Personne n’a envie de lire une mauvaise nouvelle juste à côté d’une page de pub pour une nouvelle voiture, du coup il aurait fallu éviter que le lecteur n’ait un biais négatif envers le média, enfin qu’il soit au maximum réceptif aux publicités. C’est donc ainsi que, dans un paradoxe que je trouve complètement dingue, ce qui se trouve le plus proche de l’objectivité se trouve dans les médias financés par la publicité de masse: TF1, M6. Si un tel média se conformait à explicitement défendre ses positions et croyances politiques, il perdrait automatiquement les audiences (et les revenus) des autres obédiences. Conséquences, on nettoie tout ça.

Bien sûr comme je l’ai précisé, c’est une théorie. Si j’ai tort, alors on devrait constater une claire position politique assumée de la part de médias qui tirent leurs revenus majoritairement de la publicité. Et si j’ai raison, on devrait retrouver cette claire position politique assumée, plutôt dans les médias financés par des abonnements. Le Média, Acrimed, The correspondent sont tous des médias financés par les lecteurs. Tous, sont politiquement orientés, ou du moins, “politiquement transparents”.

 

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Vous n’avez peut-être pas un problème de vente, mais deux.

Il n’y a que deux manières connues de faire croitre son chiffre d’affaire et c’est une réalité mathématique. La première consiste à augmenter le nombre de clients, la seconde est d’augmenter les revenus rapportés par les clients qu’on a déjà. Tout ce qui se trouve en dehors de ces deux idées fondamentales, c’est de la zumba

Cet article nait de la frustration d’une amie qui se demande ce qui cloche avec son projet. Son offre répond à un besoin réel, sa stratégie de prix est correcte et en harmonie avec le marché et les retours des clients sont positifs et engagés, ce qui est normalement bon signe. Cependant elle stagne et n’arrive pas à faire croitre ses chiffres de vente, alors que sa stratégie semble bonne et même, paradoxalement, efficace. Elle a un problème de vente, ou peut-être deux, car il n’y a que deux manières connues de faire croitre son chiffre d’affaire: l’acquisition, ou la fidélisation.

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Les sept habitudes d’une personne hautement effective et la mort d’un nouveau média francophone

Stephen Covey est un auteur, entrepreneur et orateur dont les livres ont structuré la littérature de developpement personnel pendant plus de 25 ans. Son livre le plus fort, “The Seven Habits of Highly Effective People” est un best seller mondial dont les ventes ne cessent de grandir depuis la même période. J’ai beaucoup aimé ce livre et je me suis dit que je pourrais partager avec vous quelques unes des notes que j’ai écrites dessus.
 
Je reconnais qu’aussi intéressant soit-il, ce bouquin peut devenir assez hermétique à cause de son approche quasi-théorique de la productivité. Il est découpé en quatre parties dont je vais partager les éléments essentiels, sachant que cela vous donnera la volonté de lire ce livre vous mêmes. On essaiera ensuite d’appliquer le contenu de son livre à des pratiques de quelques médias du paysage francophone morts trop tôt.

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Signal contre Bruit

Autrement titré “pourquoi vous suivez probablement trop de personnes sur les réseaux sociaux”.

Le rapport signal sur bruit ou en anglais, “signal vs noise” a des origines qui se retrouvent dans les domaines technologiques mais on le voit dans toutes les situations où on travaille sur le traitement de données, notamment dans l’enregistrement audio et dans les data sciences.

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#3 Oussama, Sibeth et les détracteurs

Ce matin on va voir quelqu’un qui bluffe et tout le monde le sait et ce n’est pas bien grave, quelqu’un qui ne bluffe pas et tout le monde le lui reproche.  
1. Les “mensonges” d’Oussama Ammar…
C’est l’un des co-fondateurs de TheFamily, une entreprise pan-européenne d’investissement et d’accélération de jeunes pousses. C’est un mentor intéressant qui offre une formation vraiment enrichissante sur le monde des jeunes pousses. Cette formation s’appelle Koudetat. Mais ce n’est pas la raison de son apparition dans ce courrier, bien sûr. L’article dont je veux parler est un papier de l‘Express  titré “La face cachée d’un gourou de la tech”. Il y a dans cet article des éléments factuels qui peuvent vraiment pousser à poser des questions, d’autres qui font se demander en quoi c’est pertinent.
 Le plus drôle, c’est que pour moi qui l’ai suivi il y a un certain temps, Oussama Amar n’a jamais prétendu être un entrepreneur à succès, au contraire. Ceci dit, lorsqu’un scandale fera tous les gros titres, vous saurez que je vous avais prévenu. Pour vous annoncer la couleur, dans l’article, on revient sur des usages personnels des fonds d’une de ses entreprises, Besport, ainsi que sur les affinités de l’entrepreneur avec certains membres de sa famille. Rien de méchant me direz vous, oui, sauf si ces derniers semblent impliqués dans du traffic de drogue au Brésil.  
Les vérités de tata Sibeth?
 C’est un personnage haut en couleur du paysage politique français. Mon humour est déplorable. Sibeth Ndiaye est conseillère en communication, briseuse de clichés politiques, artiste des prises de parole dites jupiteriennes du président français. Sa page Wikipédia est là, je ne vais pas refaire sa biographie. Ceci dit pour ceux qui souhaitent en apprendre plus sur Mme Ndiaye, je recommande vivement ce billet exhaustif de l’observatoire du journalismeOn y revient sur son histoire, ses défis, les propos tenus par elle et sur elle; allez-y, c’est édifiant, surtout quand on sait qu’elle jouit d’une image ambiguë dans certains médias dont France Télévions, Les Inrocks ou l’Express (décidément), pour des raisons parfois loufoques. Par exemple, un article des Inrocks indique que si elle doit le faire pour protéger le président, elle “assume parfaitement de mentir“. Aussi, selon le Canard Enchainé, parlant d’un SMS qu’elle aurait envoyé concernant la mort de Simone Veil, elle aurait dit, je cite:”Yes, la meuf est dead“. Elle a démenti. Bon. Un démenti vaut ce qu’il vaut pour une personne qui affirme qu’elle assume parfaitement de… bref.  
Qui veut la peau des gens différents? 
 Les deux personnages que j’ai mis en avant ont des points communs, ou pas vraiment. Un seul en fait. Ils sont différents. Vraiment. Je ne parle pas seulement de leurs origines, l’une sénégalaise et l’autre libanais. Je dis qu’ils sont vraiment différents. Pendant que Sibeth Ndiaye s’en va à des rendez-vous présidentiels en ballerines et hauts à fleurs, Oussama Amar se ballade avec des tennis dépareilées, l’une bleue et l’autre rouge. Ce qui les intéresse est curieux, tout autant que ce qui ne les intéresse pas: M Amar, avec sa barbe de trois jours, n’a jamais terminé sa formation en philosophie à la Sorbonne, pendant que M Ndiaye n’a même pas pris la peine de faire certifier son compte TwitterIls sont tous deux controversés et différents. Je demande donc, et vous pourrez librement me donner votre avis en répondant à ce courrier: et s’ils étaient controversés parcequ’ils sont différents? 

Pourquoi j’ai une page “Croyances”

Et pourquoi vous devriez en avoir une aussi.

Shane Parrish est le promoteur du blog et de la newsletter Farnam Street, dont je me suis largement inspiré pour la conception de labaguette.tech. Aucun lien ne fonctionne encore pour le moment et le site n’a honnêtement pas beaucoup de charme mais comme le parent d’un bébé moche, j’en suis super fier. Merci à @xtincell, en passant. Le fait est que j’avais l’ambition de changer de plateforme depuis longtemps, mais avais en face de moi une question troublante, quant au sujet que je souhaitais traiter. Trois thèmes en particulier m’inspiraient: la communication, l’entrepreneuriat et surtout l’apologétique, qui est l’étude des moyens de défense rationelle de sa foi.

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#2 L’Union Européenne et les droits d’auteurs et si les iPhones n’étaient pas aussi chers qu’on le pense?

Je n’arrive même pas à croire que j’ai publié une lettre sur ce sujet… Mais bon, le contenu, me semble-t-il, avait du sens. J’y parle des mesures européennes pour protéger les droits d’auteur, 

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