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Vous n’avez peut-être pas un problème de vente, mais deux.

Il n’y a que deux manières connues de faire croitre son chiffre d’affaire et c’est une réalité mathématique. La première consiste à augmenter le nombre de clients, la seconde est d’augmenter les revenus rapportés par les clients qu’on a déjà. Tout ce qui se trouve en dehors de ces deux idées fondamentales, c’est de la zumba

Cet article nait de la frustration d’une amie qui se demande ce qui cloche avec son projet. Son offre répond à un besoin réel, sa stratégie de prix est correcte et en harmonie avec le marché et les retours des clients sont positifs et engagés, ce qui est normalement bon signe. Cependant elle stagne et n’arrive pas à faire croitre ses chiffres de vente, alors que sa stratégie semble bonne et même, paradoxalement, efficace. Elle a un problème de vente, ou peut-être deux, car il n’y a que deux manières connues de faire croitre son chiffre d’affaire: l’acquisition, ou la fidélisation.

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Les sept habitudes d’une personne hautement effective et la mort d’un nouveau média francophone

Stephen Covey est un auteur, entrepreneur et orateur dont les livres ont structuré la littérature de developpement personnel pendant plus de 25 ans. Son livre le plus fort, “The Seven Habits of Highly Effective People” est un best seller mondial dont les ventes ne cessent de grandir depuis la même période. J’ai beaucoup aimé ce livre et je me suis dit que je pourrais partager avec vous quelques unes des notes que j’ai écrites dessus.
 
Je reconnais qu’aussi intéressant soit-il, ce bouquin peut devenir assez hermétique à cause de son approche quasi-théorique de la productivité. Il est découpé en quatre parties dont je vais partager les éléments essentiels, sachant que cela vous donnera la volonté de lire ce livre vous mêmes. On essaiera ensuite d’appliquer le contenu de son livre à des pratiques de quelques médias du paysage francophone morts trop tôt.

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L’insurmontable défi pour continuer après la mort d’un être cher.

La mort, le divorce, la maladie, sont autant de situations qui poussent à se demander comment continuer d’être productif face à ces douleurs. Et si on se demandait plutôt pourquoi?

J’aurais pu titrer cet article “Comment savoir que vous êtes dans votre appel”. L’idée ici est de partager une opinion simple: s’assurer que les choses soient faites lorsqu’on se trouve dans une situation ou notre productivité est profondément réduite n’a rien à voir avec la motivation, la passion ou même le sens de l’organisation, au contraire. Dans ces situations de crise, on se rend aisément compte de la vacuité de la vie que nous menons. La solution à ce défi, c’est d’être “dans son appel”.

1. Comment écrire un foutu papier, ou plutôt pourquoi un journal local tient ses engagements éditoriaux après une tuerie.

Le « Capital » est un journal physique américain de la ville d’Annapolis, dans l’état du Maryland. Dans la journée du 28 juin 2018, ils préparent l’édition du lendemain comme d’habitude lorsqu’un homme entre dans leurs bureaux avec un fusil à la main, tirant sur les personnes présentes dans le but de faire le maximum de victimes possibles. La tuerie fait 5 morts et deux blessés dans la rédaction[efn_notes] Plus d’informations sur la fusillade en cliquant sur le lien. C’est un article du Monde qui détaille les faits.
[/efn_notes].

Il y a des situations dont les conséquences sur le mental et la motivation sont si dramatiques qu’elles peuvent désorienter complètement le mode de pensée ou de vie d’un individu ou d’un groupe pendant des durées indéterminées. Dans la liste de ces choses qu’on ne prépare pas, je suis presque certain qu’un homme armé faisant un carnage dans votre bureau doit être tout en haut, juste après Armageddon.

Si il y a un groupe de personnes qui pouvaient dire qu’ils n’ont « pas le temps d’écrire », c’étaient bien les journalistes du Capital au moment où on n’avait même pas encore fini de nettoyer le sang de certaines victimes sur le parquet de leur salle de rédaction. La réaction attendue de toute l’équipe éditoriale aurait été logique: ne pas publier le lendemain, faire une page blanche et un simple et sobre « In Memoriam ». Pourtant le soir même, Chase Cook, journaliste pour le Capital Gazette et le Baltimore Sun Media Group, publie ce tweet à 23h 38:

Voici la traduction française: « Je peux vous dire ceci: Nous allons sortir un fichu papier demain ».

Je le dis autrement: des journalistes atterrés, effrayés, probablement traumatisés par un massacre qui a eu lieu sous leurs yeux et qui auraient absolument toutes les raisons de ne rien faire d’autre que pleurer et dormir. Moins de douze heures après le drame, pondent une édition nette et propre, sans faillir à leur tâche. Et devinez ce qu’ils mettent en couverture ?

La une du Capital Gazette après une tuerie ayant eu lieu la veille. En première page, ils publient un reportage sur leur propre mésaventure. Vous avez dit “courage”? Source: Guardian

Comme je le disais en introduction, les mécanismes qui permettent d’arriver à ce genre de prouesses ne proviennent pas de méthodes particulières de management ou de todo list ultimes qui permettent de tout résoudre d’un coup. Dans le cas des victimes du Capital Gazette, et pour tous les autres exemples que nous verrons, la volonté de faire ou les atouts de productivités permettent de travailler, mais ne sont pas la raison pour laquelle le travail est fait, ni la cause première grâce à laquelle l’oeuvre est accomplie.

Bien sûr, un bon management permet d’éviter de perdre du temps, de se concentrer sur l’essentiel et d’arriver au but plus rapidement, mais ne dit rien quant à comment ces équipes ont puisé la force de continuer une journée de travail “normale” alors que leurs collègues venaient de mourir.

Ça ne signifie pas qu’il n’y a pas eu d’astuce ou d’outil technologique rendant cela possible, bien sûr que non. Je tiens simplement à préciser -et j’insiste sur ce point- que les systèmes de productivité ont permis de faciliter un travail que les journalistes du Capital voulaient déjà faire à la base. Voici ce qu’un des journalistes répond lorsqu’on lui demande comment il a réussi à produire l’édition du lendemain:
“If the Baltimore Sun covered it for us, that would mean the shooter wins.”
[efn_notes] “Si le Baltimore Sun (un concurrent du Capital gazette) couvrait l’affaire pour nous, ça signifierait que le tueur a gagné” [/efn_notes] . Au delà de l’idée de défi qui apparaît dans cette phrase, ce qu’on retient surtout c’est le sens des responsabilités du journaliste. C’est bien là, le mot clé pour continuer d’avancer même quand on a un poignard en plein cœur et un couteau dans le dos. Le sens du devoir, lorsqu’il est lié à une détermination farouche et aux bons moyens d’action, donne une force insoupçonnable. Mais de quel devoir parle-t-on?

2.”Les gens qui tentent de rendre ce monde mauvais ne prennent jamais de jours de congés. Comment le pourrais-je ?”

Bob Marley est le chanteur de reggae le plus populaire de tous les temps. Il a laissé un héritage monumental sur les plans musicaux et politiques, dans son pays et au-delà. Entre 1945 et 1973, le roi du reggae a participé à plus de 350 chansons, dont 30 en tant que choriste. Le calcul donne à peu près trois chansons par mois sur lesquelles le chanteur participait musicalement, dans l’écriture, la composition ou dans les chœurs. Un jour, en 1976, Bob il se fait tirer dessus par un militant politique en Jamaïque, son pays natal. L’attaque visait à faire échouer un concert pour la paix auquel il était invité et qui était prévu deux jours plus tard. Après cette attaque, sa femme a une balle dans la tête, son manager cinq balles dans le corps et lui même en a une dans le bras qui lui sert pour tenir le micro et sa guitare. Deux jours plus tard, il se présente au concert comme prévu et fait une de ses plus belles prestations.

Au delà de cela, il apprend en 1979 qu’il souffre de plusieurs tumeurs (Plusieurs!) dont un mélanome malin, qui est l’une des formes les plus violentes de cancer à ce jour.  Il continuera pourtant de faire des dizaines d’autres scènes comme si de rien n’était jusqu’à sa mort.

La prochaine fois que vous allez arriver en retard au boulot à cause d’une grippe, repensez un peu à ces statistiques s’il vous plait. Quelle raison permettait à Bob d’avoir une telle motivation? Quel était son secret? Voici comment il répond lorsqu’on lui pose la question, après l’attentat: “Les gens qui tentent de rendre ce monde mauvais ne prennent jamais de jours de congés. Comment le pourrais-je ?”. Dans la version originale de ce texte, il parle explicitement de Satan. En effet, Bob Marley était rastafari, une religion proche du christianisme, qui en emprunte certains codes et certaines doctrines, tout en y incorporant des éléments culturels.

Mon opinion est celle-ci: dans des situations critiques comme la mort d’un être cher ou la maladie, la motivation ne se trouve nulle part ailleurs que dans notre corpus de croyances, quand elles sont en harmonie avec notre style de vie et nos responsabilités. En d’autres termes, pour rester “productif” en situation de drame social ou affectif, il faut que notre activité appartienne à trois groupes distincts: ce qu’on veut faire, ce qu’on peut faire et ce qu’on doit faire [efn_notes] Il existe un concept japonais similaire qui s’appelle l’Ikigai que vous découvrirez plus en profondeur dans l’article qui est sous le lien, mais ce n’est pas de cela que je parle.[/efn_notes]

De mon point de vue, une erreur fatale est commise par beaucoup de discours sur le développement personnel [efn_notes]Petite précision: je considère de toutes manières le développement personnel tout entier comme une escroquerie qui ne dit pas son nom.[/efn_notes]. On donne des outils pour avoir plus de motivation, plus de productivité, alors que les questions que le peuple se pose, sont d’un tout autre genre.  Le public ne veut pas savoir comment  avoir plus de motivation, il veut savoir comment rester productif même lorsqu’il n’a AUCUNE motivation. Entre Bob Marley et les journalistes de Capital Gazette je peux retrouver les mêmes éléments qui leur ont donné la force de continuer face à l’incroyable défi qui se trouvait devant eux: un sens du devoir poussé à l’extrême, un acte posé comme une réaction naturelle et une résonance quasi spirituelle entre l’oeuvre et l’ouvrier.

Pour le dire autrement, Bob Marley et les journalistes du Capital Gazette étaient dans leur appel.

3. Comment être dans son appel peut aider à surmonter la perte d’un être aimé?

Ça n’aide pas. De toutes manières, ce n’est pas le sujet de cet article. Je n’essaye pas de montrer comment surmonter la perte d’un être cher, au contraire. Toutes mes croyances ainsi que mon expérience de la mort et des situations tragiques m’ont convaincu que seul le Saint Esprit peut apaiser un cœur meurtri, en encore. La douleur ne disparaît pas, elle est juste couverte par une paix qui surpasse toute intelligence. Cependant le plus difficile dans une période de deuil ce n’est pas la période des obsèques, c’est la vie d’après. Comment continuer d’aller ou boulot, faire ses rapports, satisfaire ses clients internes ou externes, parce que la vie continue, les factures s’amoncellent et les enfants doivent manger.

En gros, la vie nous tue. Pendant que nous pleurons, les défis devant nous-qui semblaient déjà difficiles à surmonter avant la période de souffrance- deviennent carrément insupportables. Et pourtant, il faut continuer. Ainsi, le fait d’être dans son appel peut devenir une source de force pour l’avenir, parce que l’on a encore une “raison de se lever le matin”. On n’a toujours aucune envie de le faire, mais on le fera quand même parce que nous n’avons rien d’autre à faire. Les journalistes du Capital ne se sont pas concertés longtemps pour arriver à la conclusion qu’une nouvelle édition de leur journal devait sortir. Certains des musiciens de Bob Marley, qui se trouvaient dans sa maison au moment de la fusillade ont tout simplement fui après et ne voulaient plus entendre parler de musique après cette aventure. D’autres se sont spontanément préparés pour le concert avec lui.

La différence entre les uns et les autres? Je parie sur le fait que pour les premiers, la musique était une simple source de revenu, alors que pour les autres ce concert avait une réelle importance pour l’avenir. Maintenant j’imagine que c’est nécessaire d’expliquer plus en détail ce que j’entends par “être dans son appel”. Ceci dit je ne souhaite pas rendre l’article trop long, donc je m’avance vers la conclusion. Une autre lettre traitera cette question.

Par contre, la définition “d’appel” changera profondément selon les croyances de l’individu. En fonction de si vous êtes bouddhistes, athées, existentialistes, sunnites ou mormons nous ne pourrons pas forcément nous entendre.

Pour prendre mon exemple, ma sœur est décédée le 28 février de cette année. Elle était une des lectrices les plus assidues de La Baguette, ses encouragements étaient des sources intarissables d’énergie pour mon travail et comme moi, elle était convaincue de la nécessité de faire valoir sa foi dans toutes les sphères de la vie. Malgré toute la souffrance que je ressens en pensant à sa mort, j’écris cette lettre avec au cœur la certitude qu’elle est sauvée et que je la retrouverai un jour[efn_notes] C’est une doctrine très populaire du christianisme évangélique, c’est pour cela que j’ai mis en lien un simple article Wikipedia, qui ferait consensus [/efn_notes].   Cette idée ne me donne pas plus la force d’écrire et ne m’apaise pas tellement par rapport à la douleur que je traverse. Ceci dit, cela me permet de me rappeler que cette lettre est importante pour moi, qu’elle fait partie de mon appel et que j’ai une responsabilité par rapport à mes lecteurs, de donner le meilleur de moi même (voir plus) pour qu’ils retrouvent ici ce que j’ai promis. Du coup, deux jours après son décès, j’ai spontanément ouvert mon clavier et j’ai rédigé ma lettre de la semaine. Je ne savais pas quoi faire d’autre.

Bob Marley est mort d’une blessure au pied causée par son mélanome malin. Il aurait pu être opéré pour que la tumeur soit enlevée mais a refusé parce que “chez les rastafaris, on n’ampute pas”. Il meurt après s’être converti au christianisme dans une église orthodoxe, toujours atteint de ses cinq tumeurs. C’est dans cet état qu’il jouera ses plus grands concerts, dont un devant près de 100 000 personnes. Voici un exemple typique du genre d’exploits possibles lorsqu’on est dans son appel.

Pourquoi j’ai une page “Croyances”

Et pourquoi vous devriez en avoir une aussi.

Shane Parrish est le promoteur du blog et de la newsletter Farnam Street, dont je me suis largement inspiré pour la conception de labaguette.tech. Aucun lien ne fonctionne encore pour le moment et le site n’a honnêtement pas beaucoup de charme mais comme le parent d’un bébé moche, j’en suis super fier. Merci à @xtincell, en passant. Le fait est que j’avais l’ambition de changer de plateforme depuis longtemps, mais avais en face de moi une question troublante, quant au sujet que je souhaitais traiter. Trois thèmes en particulier m’inspiraient: la communication, l’entrepreneuriat et surtout l’apologétique, qui est l’étude des moyens de défense rationelle de sa foi.

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Trois raisons pour lesquelles vous ne devez pas attendre d’un journaliste qu’il soit “objectif”

Du moins, pas avec la définition commune de ce mot.

La pire forme d’écriture d’article qui puisse exister selon moi: les brèves. Il s’agit de donner une information factuelle, sur un sujet d’actualité. Si vous en écrivez, arrêtez tout de suite et changez de style, ou changez de métier.  

Un ami et lecteur de cette lettre m’a avancé récemment que ce qu’il attendait d’un journaliste c’était cela, de l’objectivité, des faits, en d’autres termes, “la vérité”. Je comprends ses attentes mais le soucis c’est que dans le temps, de telles attentes du journalisme sont l’exception, pas la norme, comme le faisait remarquer un enseignant de journal dans un article récent publié sur Areomagazine. J’ai résumé ici trois raisons pour lesquelles vous ne devez pas attendre d’un journaliste qu’il soit “objectif”, du moins pas avec la définition actuelle que l’on donne à ce mot. Les trois raisons sont simples et assez intuitives. Continue reading “Trois raisons pour lesquelles vous ne devez pas attendre d’un journaliste qu’il soit “objectif””